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Gestion des Devis Industriels : Quand faut-il un CPQ adossé au CRM ?

Rédigé par Tatiana Corallo-Jackson | 02/02/26 08:14

Vous avez investi dans un CRM (HubSpot, Salesforce...). Vos équipes commerciales l'utilisent, mais dès qu'il s'agit de chiffrer, les choses se compliquent. Faut-il insister avec les outils natifs ? Faut-il continuer sur Excel ? Ou votre activité a-t-elle atteint un seuil de complexité qui exige un outil dédié (CPQ) ?

Pour un industriel, la question n'est pas de savoir si l'outil est "bien", mais s'il est dimensionné pour votre ingénierie produit. Faire un devis de service n'a rien à voir avec le chiffrage d'une ligne de production.

Cet article vous propose une grille de lecture pour évaluer la maturité de votre processus de devis et choisir l'architecture logicielle adaptée à votre réalité terrain.

 

I. Devis CRM natif : Quand les outils standards suffisent-ils ?

Avant d'investir dans un logiciel spécialisé, il faut s'assurer que vous exploitez le potentiel de votre CRM actuel. Beaucoup d'entreprises industrielles peuvent parfaitement se contenter des modules natifs (HubSpot Commerce Hub ou Salesforce Quotes).

Si vous cochez les cases suivantes, vous n'avez pas besoin de CPQ :

  • Produits finis (SKU) : Vous vendez des produits sur stock ou sur catalogue figé (ex: consommables, pièces détachées standard, EPI).
  • Tarification simple : Vos prix sont fixes (Catalogue Année N) et vos remises suivent des règles arithmétiques simples (ex: "10% de remise distributeur").
  • Pas d'incompatibilité technique : Le client peut mélanger n'importe quel produit A avec n'importe quel produit B sans risque que "ça ne marche pas".
  • Pas de calcul dimensionnel : Le prix ne dépend pas d'une variable physique (Largeur x Hauteur x Poids).

Le conseil : Dans ce cas de figure, restez sur le standard. C'est moins cher, plus simple à maintenir et suffisant pour vendre vite.

 

II. Le "Mur de la Complexité" : 4 signes qu'il vous faut un moteur de règles

À l'inverse, il existe un point de bascule. C'est le moment où le commercial commence à bricoler sur Excel parce que le CRM est trop rigide. Dans l'industrie, ce besoin de CPQ se manifeste par 4 signaux d'alerte clairs.

1. La contrainte technique (Le besoin de "Rules Engine")

C'est le signal le plus critique pour la qualité.

  • Le symptôme : Dans un CRM classique, rien n'empêche un commercial de vendre un "Moteur 200CV" avec un "Châssis Léger", même si l'assemblage est physiquement impossible.
  • La nécessité : Il vous faut un outil capable de gérer des exclusions (Si Option A est choisie, alors Option B est interdite).

2. Le prix calculé (Dynamic Pricing)

  • Le symptôme : Votre prix n'existe pas dans une base de données. Il est le résultat d'un calcul à l'instant T.
  • La nécessité : Si vous vendez des portes sur-mesure (Prix = Surface x Coût Verre + Temps MO), le CRM natif ne saura pas faire le calcul sans développement spécifique lourd.

 

3. La nomenclature dynamique (BOM)

  • Le symptôme : Le commercial vend une ligne sur le devis (ex: "Kit Solaire 3kW"), mais l'ERP a besoin de recevoir 15 lignes de composants précis (panneaux, onduleur, câbles, fixations) pour lancer la production.
  • La nécessité : Il faut un outil capable "d'exploser" la ligne commerciale en nomenclature de fabrication.

 

4. La charge mentale (Le volume d'options)

  • Le symptôme : Votre catalogue d'options est si vaste que les commerciaux, par peur de se tromper, proposent toujours les mêmes configurations (celles qu'ils connaissent) et oublient le cross-sell/up-sell.
  • La nécessité : Un configurateur guidé (Vente Guidée) permet de poser des questions simples au vendeur ("Quel usage ? Quel environnement ?") pour déduire les bonnes options techniques.

 

III. Configuration (CTO) vs Sur-Mesure (ETO) : Où s'arrête le logiciel ?

Si vous avez identifié un besoin de CPQ, attention à ne pas tomber dans l'excès inverse : vouloir tout automatiser. Il faut distinguer deux modes de vente industriels :

  1. CTO (Configure to Order) : Le terrain du CPQ.C'est l'assemblage intelligent de briques existantes (ex: une machine spéciale composée de modules standards). Ici, le CPQ permet d'industrialiser le devis et de rendre le commercial autonome à 100%.
  2. ETO (Engineer to Order) : Le terrain du Bureau d'Études.C'est le "mouton à 5 pattes", la R&D pure. Ici, le CPQ ne remplacera pas l'ingénieur.

 

L'approche gagnante : Utilisez le CPQ pour automatiser les 80% de ventes configurables (CTO). Cela libère vos ingénieurs qui ne sont plus dérangés pour du standard et peuvent se concentrer sur les 20% de projets complexes (ETO).

 

IV. Comparatif des Architectures : Quelle stratégie adopter ?

Note de contexte : Pourquoi ce focus sur HubSpot et Salesforce ?En tant qu'intégrateur CRM spécialisé depuis plus de 10 ans auprès des PME et ETI industrielles, nous analysons ici les options les plus fréquentes sur le marché. Nous mettons en perspective HubSpot (pour sa force d'adoption), Salesforce (l'alternative historique souvent considérée), et notre recommandation d'une architecture hybride, que nous identifions comme le "meilleur des deux mondes" pour une structure industrielle agile.

Vous avez franchi le mur de la complexité (Partie II). Il vous faut donc un moteur de règles. Mais quelle architecture choisir pour le porter ?

 

Option 1 : HubSpot "Commerce Hub" (Trop limité pour l'industrie)

Comme vu en première partie, c'est l'option de la simplicité. Très ergonomique, parfait pour le service ou la pièce détachée, mais il échouera dès qu'il faudra gérer des nomenclatures dynamiques ou des contraintes techniques fortes. Ce n'est généralement pas une option viable pour le C.T.O. (Configure To Order).

 

Option 2 : L'écosystème Salesforce + Salesforce CPQ

Salesforce CPQ est une référence du marché, très puissant. Si vous choisissez cette voie, la cohérence veut que vous preniez le CRM Salesforce qui va avec.Le point de vigilance est structurel : Ce n'est pas le CPQ qui pose problème, mais la lourdeur inhérente à l'environnement CRM Salesforce pour une PME/ETI.

  • Le défi de l'adoption : Le CRM Salesforce est souvent perçu comme plus complexe par les équipes commerciales terrain, comparé à la fluidité d'un HubSpot.
  • La maintenance globale : La personnalisation de l'environnement Salesforce demande des compétences pointues. Vous aurez souvent besoin d'un administrateur dédié ou d'un intégrateur sollicité régulièrement pour la moindre modification de règle ou de process CRM.

Verdict : Pertinent si vous êtes une grande entreprise avec une DSI structurée capable d'absorber la maintenance du CRM Salesforce.

 

Option 3 : L'approche "Best of Breed" (HubSpot + CPQ Spécialiste)

C'est la voie que choisissent de plus en plus d'industriels qui ne veulent faire aucun compromis.L'idée : Garder HubSpot pour l'adoption commerciale (car les vendeurs l'aiment et l'utilisent), et y connecter un CPQ spécialiste (comme Qwoty) pour la puissance de calcul.

 

Pourquoi ça marche ?

  1. L'adoption est préservée : Le commercial ne quitte pas son CRM favori. Le CPQ s'ouvre comme une extension naturelle.
  2. L'agilité maintenue : Vous bénéficiez d'un CRM facile à maintenir (HubSpot) tout en ayant la puissance de calcul technique (CPQ) sans alourdir votre SI.

 

Conclusion : Votre Arbre de Décision

Pour résumer, voici comment orienter votre choix d'architecture pour vos devis industriels.

 

Étape 1 : Le Diagnostic Métier

  • Vente simple / Service / Pièces standards :👉 Pas besoin de CPQ. Utilisez le module natif de votre CRM (HubSpot ou Salesforce).
  • Vente catalogue configurable (CTO) :👉 CPQ Indispensable. Le CRM seul ne suffira pas. Passez à l'étape 2.
  • Vente pure R&D / Sur-mesure unique (ETO) :👉 Bureau d'Études. Ici, c'est l'humain qui prime, aidé par des outils de chiffrage technique ou Excel. Le CPQ gère les briques standards autour.

 

Étape 2 : Le Choix de l'Écosystème (Si CPQ confirmé)

Si votre besoin CPQ est avéré et que vous hésitez entre les deux leaders du marché CRM :

  1. Choisissez Salesforce (CRM + CPQ) SI :
    • Vous avez une équipe IT interne dédiée à la maintenance du CRM.
    • Votre direction impose un standard groupe Salesforce.
    • Vous acceptez une courbe d'apprentissage plus longue pour vos commerciaux.
  2. Choisissez HubSpot + CPQ Spécialisé (ex: Qwoty) SI :
    • Votre priorité n°1 est l'adoption de l'outil par les commerciaux (facilité d'usage).
    • Vous voulez être autonomes sur le paramétrage de votre CRM au quotidien.
    • Vous cherchez un déploiement rapide et un ROI court terme.

 

L'industrie moderne tend vers l'agilité : sécurisez la complexité technique dans le CPQ, mais gardez la simplicité d'usage dans le CRM.

 

Vous voulez tester si votre complexité produit peut être gérée simplement ?